vendredi 26 septembre 2008
Un heureux évènement
A 11h34, Anastasia Larchevêque a montré sa frimousse au monde et poussé son premier cri. La maman et le bébé se portent à merveille.
Pour la dizaine de jours qui arrive, je ne risque pas de jouer beaucoup, et donc encore moins de poster.
Cette pause tombe à pic pour prendre un peu de recul et réflechir à ce que je souhaite réellement faire avec le poker online (juste passer le temps ou m'y mettre sérieusement pour progresser et tenter d'y tirer un revenu).
Ce post est très court car papa gateau oblige, je dois filer à la maternité!
Je vous dis donc à très bientôt, et merci à tous ceux qui ont posté des commentaires sur mon post précédent!
Eric
mardi 23 septembre 2008
Patatra, bankroll cassée
Comme je runnais good sur ce jeu (en ne jouant qu'une heure par jour max), je me suis dit que je pouvais voir ce que cela pouvait donner en jouant plus! J'ai donc joué 10h cumulées de PLO (804 mains) et pour un résultat, c'est un sacré résultat!!!
Mal joué? Manque de chance? Un peu des deux. Difficile de dire exactement... Quand on perd un 90% ok c'est pas de chance, mais sur des mains plus complexes à cerner c'est très difficile d'apporter une conclusion.
Voici les plus grosses mains jouées, peut être que leur analyse apportera un éclairage sur mon jeu.
. Première session en début de journée: après être descendu à $350 suite à des petits coups ratés je perds le reste avec KKxx contre AAxx sur flop T66 (3 bet reflop). Super mal joué de ma part (de payer le 3bet preflop), mais je n'étais pas concentré, je devais partir quelque part et j'ai voulu expédier ma session. Je savais que je faisais une connerie mais je l'ai faite quand même...
. Plus tard, en soirée, je commence mon marathon. J'ai $650 et je me retrouve all in preflop avec AAK8 double suité contre AA47 et il floppe une suite pour me stacker. Probablement une erreur de ma part de faire le 4bet preflop (qui donne un 5bet all in et je paye). J'ai voulu gambler et j'ai perdu $650.
. J'ai $650 et nous sommes trois à voir un flop JJ9, j'ai KQJ2 et le pot est de $80. Je suis en SB donc je check (pour check caller). Tout le monde check. Turn T (rainbow). Je mise le pot et suis relancé à $320. Mon adversaire est un donk, et les donk ne pot que rarement avec les nuts. Je balance le tapis et je suis payé. Il montre QQJ8... Un vrai donk! Il n'a que 5 outs et je suis 90% favori, mais la river est un 8 et je me fais stacker. Même si c'est dur à avaler, je suis content de mon "read" et de l'avoir relancé correctement dans un spot difficile.
. Le bouton relance à $20, je paye depuis la BB avec KQ95 double suité. Le flop est KQ2 avec deux piques. Je mise le pot et suis payé. Turn 7 de trèfle. Rien ne change, je mise à nouveau le pot. Je suis payé. Là je suis sûr que mon adversaire a un gros tirage. River 9 de pique. Je checke et il mise le pot. Il ne me reste que $200 (dans un pot de $500), mais je ne vois vraiment pas ce que je peux battre. Je passe et il me dit "good fold". Mon fold en river est à 99% correct, reste à voir si je n'aurai pas du check/raiser au flop plutôt que d'agresser directement. Mais s'il avait un wrap et tirage couleur de toute façon c'était joué d'avance.
. Sur un flop 36T , je perds $350 avec 789J avec une série de raise au flop qui nous amène à tapis (il a 789T pour plus ou moins la même main que moi, mais sa paire lui donne un avantage que je ne rattraperai pas)
. Sur un flop 28J je pot avec 98TA et me fais check raiser par un régulier qui joue tout le temps très bizarrement. J'ai une main plutôt mauvaise mais je décide de payer pour voir au turn. Le 3 de coeur tombe et il checke. Je balance le pot. Il tanke et me paye all in avec un tirage pique non max et deux overcards. En réalité c'est un favori à 60% (j'ai vraiment rien) et il touche un de ses outs pour me stacker. Honnêtement je n'ai pas aimé son call... Je comprends qu'on puisse me mettre sur un bluff, mas pour payer sans fold equity il faut quand même avoir un minimum. Enfin il se trouve qu'il était favori donc son call était au final correct. Mais bon...
. Je perds $300 AAQJ contre KK62 all in preflop (flop 222xx). Bon là, juste pas de chance, j'étais 75% favori.
. Sur cette main je fais une horreur: je relance $20 au bouton avec Q994, SB relance pot, payé par BB. Je paye, en mettant la SB sur AAxx (très tight) et je me dis que si je floppe un monstre je le stacke. Flop 9TK avec deux trèfles. SB mise le pot. Je n'ai pas le tirage trèfle. Je me dis "ok je peux battre deux as" alors je repote avec mon bottom set zero redraw (ou presque), il me paye all in et je suis mort contre KKxx. Je perds $636 sur un coup qui n'aurait pas du exister (flop preflop avec ma poubelle après le 3bet).
. Le bouton relance $20, je paye depuis SB avec 7644. Flop 4Q7 rainbow. Je checke avec comme plan le check raise. Mais il check derrière. Turn as de coeur (2 coeurs sur le board). Je checke, il mise le pot (finalement!) et je le min relance dans l'espoir de déclencher un tilt reraise. Ca fonctionne et il me balance $315, je le vois sur un tirage couleur + éventuellement quinte. Je rebalance mon tapis pour un total de $527. Il tanke et finit par payer avec KJ96 pour le tirage couleur max et une gutshot. Je suis favori à 75%, mais la river est le dix de pique et je suis stacké (je relance car je pense être devant et si je paye juste et que le board paire en river j'aurai zéro action).
. Je relance à $25 avec KK84 et suis payé 3 fois. Flop 59J avec deux trèfles. Je mise le pot ($100) et suis relancé à tapis. Je pense être contre un set (55) ou un gros wrap. Comme j'ai le tirage trèfle et que je n'ai plus que $290 derrière (il me faut 35% d'equity pour justifier le call et j'ai exactement cela), je paye. Il montre 5567 pour bottom set et je n'améliore pas. Mon cbet était un peu optimiste sur ce type de flop, mais contre un wrap ou un set (qui n'a pas le tirage trèfle) je ne suis pas totalement à la rue.
. Je commets ensuite LA connerie du jour. J'en ai tellement marre de perdre toutes mes mains que je m'installe à la PLO1000 (bravo!). Je tiens une heure et suis à jeu. Je me dis qu'il est temps de partir, j'ai évité le désastre mais je reste scotché "pour une dernière main" qui est en plus en heads up (et je suis nul en heads up). Relance, je paye avec TT63. Flop 8TQ. Je check raise le cbet de mon adversaire, il renvoie le tapis, je paye comme un gros naze il me montre les nuts, le board ne paire pas et je me fais stacker de $1000. Minable.
. J'ai un wrap sur un board avec deux piques (je n'ai pas de tirage pique) et ca part à tapis contre le tirage couleur max. Je perds $500 sur ce coup là (je touche ma suite mais il touche son pique), clairement une erreur de ma part de jouer un wrap sur un flop non rainbow.
J'ai tout de même gagné quelques pots (notamment un où je me fais payer jusqu'au bout mon top set par top deux paires) mais pour la plupart j'ai du les arracher sur des bluffs très risqués (forte relance avec as sec sur un turn 3 piques par exemple).
En conclusion je dirais que j'ai fait 50% d'horreurs et 50% de pas de chance. Il est clair que je dois améliorer mon jeu (notamment sélection des mains pour payer les 3bet, et spots pour balancer mon tapis avec des mauvais wraps). Mais cette session extrêmement négative (mon pire run, ever) ne m'a mis ni en tilt ni en mode de désespération (à part j'avoue mon $1000 perdu à la PLO1000 qui n'aurait jamais du exister).
Ma bankoll est aujourd'hui de $3,500. Tout est à refaire. Je ne sais pas trop comment m'y remettre (retenter une cave de PLO500 ou descendre à l'horrible PLO200 mega donk variance ultimate?). Ou alors repasser à la NL400? Peut être que maintenant que je run super bad en PLO je vais toucher du jeu en NL?
Ce qui me marque aussi, c'est l'aspect tellement binaire des cycles en poker. Je vais gagner 10 caves de suite en une semaine où tout va bien se passer, et en perdre 10 en une journée où tout va être catastrophique. Jamais je gagne puis perds puis gagne. C'est systématiquement par cycle (courbe qui monte, qui monte et puis bam qui s'écroule en un instant).
Je reste néanmoins motivé. Après tout j'ai déposé pour l'instant uniquement $1500 sur Winamax, j'étais en "freeroll". Ce qui compte, c'est de retenir quelque chose et d'apprendre de nos échecs. Ces 860 mains m'auront clairement aidé à y voir plus clair dans mon jeu et à me montrer ses faiblesses.
Je ne sais pas si le prochain titre de mon message sera "je suis broke" (arriverai-je à manager ma bankroll comme un pro si je continue à perdre comme un imbécile?), mais les prochaines sessions en PLO ou NL vont être capitales!
dimanche 21 septembre 2008
Un tournoi expéditif!
Afin d'illustrer la difficulté des tournois Winamax (dûe au nombre incroyable de donk même à $150) j'avais décidé de faire une vidéo. L'objectif était d'illustrer le début d'un tournoi en insistant sur la nécessité d'un mode serrure ultime tellement la fold equity est absente lors des premiers niveaux.
La vidéo a tourné court car j'ai été victime d'un suck out assez illustratif, mais le contenu est tout de même intéressant: il démontre à quel point le field est faible et justifie de resserrer son jeu pour survivre les premiers niveaux.
>> Vidéo à télécharger ici (13Mo)
Du point de vue cash game, ce fut les montagnes russes (ou les "montagnes américaines" comme disent les moscovites). J'ai commencé par perdre $1000 à la NL400, puis $1500 à la PLO1000 en voulant faire le beau (en PLO j'ai perdu quelques mains sur des suck out mais je me suis surtout envoyé en l'air sur un bluff lamentable).
Heureusement, la chance m'a ensuite souri puisque j'ai réussi à me refaire. J'ai tout d'abord regagné $1000 à la NL400 en gagnant deux coin flips contre un adversaire über aggressif qui 4bet à partir de AT/22+. Puis sur la PLO500 j'ai grindé $1300 de profit pour presque effacer ma perte sur la 1000 (mais ce n'est pas encore garanti puisque j'y suis encore - EDIT: je termine au final avec $1100 de profit).
J'espère donc terminer ma journée avec un minimum de pertes! :)
PS: oye oye, ma femme a fait son premier sit'n'go à $1 et elle a terminé 2e. Elle en est tellement fière que je me dois de l'annoncer ici :)) Mais n'y voyez pas un début de carrière, ce jeu est trop stressant pour elle! Bisous à mon murr :)
vendredi 19 septembre 2008
Point à mi septembre
Mes sessions en NL400 short handed ont été plutôt mauvaises: depuis mon dernier point il y a dix jours j'ai enchaîné les sessions négatives et j'ai perdu environ $2000. Le point positif, c'est que je sais parfaitement pourquoi j'ai perdu 5 caves de suite (et cela aurait pu être 7 si je n'avais pas eu un good run sur deux mains pour remonter in extremis).
Lorsque j'ai publié mon article de stratégie sur le jeu NL400, j'ai eu pas mal de remarques constructives (notamment sur ClubPoker) qui ont eu en fait une influence plutôt mauvaise. Par exemple, on m'a reproché de souvent abandonner le coup après une mise de continuation et je me suis mis à balancer une seconde cartouche un peu trop souvent. On m'a dit que le limp c'est super mal alors j'ai arrêté de limper et j'ai relancé 100% de mes mains, me mettant du coup parfois dans l'obligation de faire une mise de continuation hors de position alors que j'avais raté pour me faire ensuite relancer. On m'a dit que le donk bet de l'adversaire c'est un autoraise à 100% quand on est super pro, résultat j'ai perdu des gros pots alors que j'aurai clairement du passer au flop.
Bref, des bons conseils, mais une mise en application ratée perturbant mon jeu et me mettant dans des situations difficiles alors que l'objectif de mon jeu et justement d'éviter ce genre de choses. Je pense que sur Winamax le niveau à la NL400 est trop faible pour avoir une stratégie "super pro" qui joue un niveau au dessus des adversaires. Le jeu est très "straightforward" ou "donk" et ma stratégie simple fonctionne plutôt bien. Evidemment, il y a des regs évolués contre qui il faut développer un jeu largement plus perfectionné mais ma contre attaque est imparable: je ne joue pas contre eux! Si je vois un bon reg à une table je passe à la table suivante, s'il s'assoie à ma table, je m'en vais. Il y a suffisemment d'action sur OnGame à la NL400 pour choisir les bonnes tables bien donk et croustillantes.
J'ai donc décidé d'arrêter de vouloir "améliorer mon jeu" à la NL400 en rajoutant des moves complexes et je vais donc continuer de grinder avec ma stratégie simple mais efficace (je comprends qu'on rigole en secret de mon approche un peu weak du jeu - car on se fait souvent bluffer - mais je pense honnêtement que la NL400 sur OnGame n'est pas le bon endroit pour développer un jeu de haut niveau).
Pour septembre, j'en suis donc à +$3,481 sur 4654 mains, soit +6,89BB/100. A force de me faire décaver en série sur la NL400 j'en ai eu un peu marre et j'ai décidé de relancer quelques sessions de PLO500 pour me changer les idées. Grand bien m'en a pris puisque j'ai "run super good" et j'ai dégagé un profit de $5,028 sur 536 mains soit 94BB/100! Alors évidemment je sais très bien que c'est juste temporaire (je suis en pleine variance positive) et je vais devoir m'attendre à un revers de médaille bientôt. (j'ai perdu $400 à la NL200 en heads up, variante que je ne maitrise pas du tout, donc mon total Omaha est +$4,619)
Il est tout de même frustrant de noter que lorsque je run good à un jeu je run bad à l'autre et du coup ma bankroll reste en fait plutôt stable (bon au moins ça ne descend pas...)
Voici maintenant le graph d'évolution de ma bankroll sur le mois:

Je dispose donc à ce jour d'une bankroll de $9,586.
Début septembre, ma bankroll était de $4645. J'ai donc gagné $5000 mais si on additionne mes gains Omaha et NL400 on arrive à +$8000 environ. Mais où sont donc passés les $3000 de différence? Dans les tournois! Toujours et encore, je n'arrive à rien... Depuis une semaine je n'en fait pratiquement plus. J'ai décidé de limiter ma participation aux tournois hebdomadaires importants sur OnGame (comme le $100 avec 1 rebuy par exemple). Terminé le daily $100 ou le daily $50 rebuy: ce sont des crapshoot sans intérêt où seul le jeu preflop compte.
Dommage, car j'aime bien l'interface de Winamax (je m'y suis habitué), mais les tournois sont vraiment trop nuls. Je ne comprends pas qu'OnGame ne fasse rien pour ajouter les antes ou proposer des structures intéressantes (ils le font bien une fois par mois pour le $1000 SH qui a une structure lente idéale permettant un jeu au flop turn et river avec des relances sans être all in).
J'avais déjà dit plusieurs fois que j'arrêtais les tournois Winamax, mais là c'est décidé à 100%, on ne m'y reprendra plus. Non seulement c'est de l'argent perdu, mais en plus ces tournois sont très néfastes pour le niveau de jeu (plus on joue sur Winamax, plus on perd les notions essentielles et moins on sait jouer au poker).
Alors où vais-je jouer online en tournoi?
Sur PokerStars, c'est la misère. Impossible de m'habituer à l'interface, je donke tous les tournois que j'ai essayé. Si je n'arrive pas à me convaincre de la réalité de ce que je vois, je ne peux pas jouer correctement. J'ai essayé toutes leurs skins, mais rien ne passe.
Il reste FullTilt, où j'ai joué quelques tournois sans réel succès mais en réussissant pratiquement à chaque fois d'aller assez deep. La structure est réellement bonne et permet un jeu intelligent. Je pense donc jouer encore quelques $75 et $163 jusqu'à ce que j'arrive à faire une perf et me créer une bankroll (au total j'ai déposé $1200 sur cette room, il me reste encore $400).
Afin de rendre ce post un peu plus intéressant, laissons maintenant la place à deux mains jouées à la NL400.
Honte sur moi
Après avoir perdu quelques caves sur les derniers jours, et en pleine crise existentielle sur la pertinence de ma stratégie de jeu, je m'installe à une nouvelle table. Je perds vite quelques petits coups et descend à $368. Deux joueurs se mettent en sit out et nous ne sommes donc plus que 3.
J'ai A6s au bouton et relance à $14. La grosse blinde paye. Flop 463 rainbox. La BB donk bet le pot ($30). Mon premier réflexe est de me dire: fold. Mais je me dis "un vrai pro ne fold pas, il relance après un donk bet". Je me dis que s'il a 55 (bon spot pour donk bet) il va payer ma relance ou me 3bet. S'il a 77, idem. Donc au lieu de choisir le fold (correct) ou la relance (correct aussi) je choisis le pire: le call. Le turn tombe: 5. La BB mise $80, presque le pot. C'est un fold évident. Mais je me dis: un vrai pro ne se laisse pas bluffer. Alors je décide de floater pour bluffer la river (trop fort le plan), et paye. River: K. La BB me met all in avec un bet de $250. Visiblement je ne peux plus rien bluffer. Mais un vrai pro sait faire des calls difficiles. Je me dis: soit il bluffe soit il a 77. Il checkerait tout autre main. Je paye. Il montre 77.
Si si, c'est possible de jouer aussi mal. Je n'ai pas inventée cette main. C'est la triste réalité. C'était un fold assez évident au flop (ou éventuellement une relance payée indiquant que mon A6 était bon pour la poubelle).
Snap call?
Après avoir gagné un coin flip (JJ vs AK qui shove overbet preflop) très important pour mon équilibre psychologique je retouve une certaine confiance dans mon jeu (pourtant gagner un coin flip n'a rien de technique, mais allez savoir...)
Un donk limp au bouton (patterns bizarre, des all in overbet à la river de temps en temps), la SB complète et je relance à $16 depuis la BB avec A6 pour isoler le donk (et j'ai probablement aussi la meilleure main). Celui-ci paye et la SB passe. Parfait.
Flop AT8 tout à pique. Pas un flop super pour créer de l'action mais je trouve tout de même top paire. Je mise $24 dans $36 et il min raise à $48. Sur un flop type Q72 j'insta fold, même contre un donk. Là, c'est plus compliqué. Je ne vois vraiment pas quel type de main peut min raiser sur un flop tout à pique. Je prends cela comme une "relance pour information" pour savoir si j'ai une couleur ou non, ou comme un bluff lamentable. J'ai le 6 de pique, j'ai un redraw. Donc s'il a 23 de pique par exemple, je ne suis pas non plus drawing dead. Je paye juste pour aviser au turn (pas question de relancer, j'ai une bonne main je ne veux pas le bluffer). Turn: valet de trèfle. S'il a KQ je suis mal mais je le vois mal min raiser avec KQ au flop. Je considère cette carte comme une brique qui ne change rien. Cependant je ne veux pas miser pour le faire fuir et préfère lui laisser l'initiative (si je mise, il me paiera rarement avec une main que je bats, même si c'est un donk). Il mise $32 dans $132. Là c'est sur, il n'a rien ou les nuts, ou rien surtout. Sa mise ne veut rien dire. Comme je pense être devant et que peu de cartes peuvent m'inquiéter à la river je paye juste (si je relance fort, je ne suis payé que quand je suis derrière, ou éventuellement par un donk qui a le roi de pique). River: 8 de carreaux. C'est une bonne carte car si par exemple j'étais contre A9 (peu probable mais bon) c'est un split. Je ne vois pas trop de value à miser car je me vois assez devant et vu le genre mieux vaut le laisser bluffer. Je checke. Et là boum all in $318 dans un pot de $204.
J'avoue, j'ai quand même hésité quelques secondes avant de payer. Dans cette situation je ne bats qu'un bluff: toute autre main légitime pour miser gros (couleur, full, deux paires max) est largement devant. C'est uniquement en me basant sur l'observation de mains précédentes (qui m'ont amené à le classer en donk) que je décide de payer. Il montre 33 (sans aucun pique) et je gagne le pot.
Cette main démontre la puissance du "check call" contre certains adversaires trop aggressifs qui bluffent trop. Là évidemment c'est un exemple extrême, mais en montrant un certaine faiblesse hors de position il devient plus profitable de faire des calls marginaux lorsqu'on a un bout du flop que de faire un check raise "bluff" (à condition bien sur de se forcer à cliquer sur call, ce n'est pas toujours facile, surtout à cause de la peur d'avoir l'air très con, ce qui arrive aussi malheureusement de temps à autre).
vendredi 12 septembre 2008
Video: daily $100 et $100,000 gtd sur Winamax
Daily $100 (22h), 148 joueurs, top 10 payés
>> WAM_200809_T100.wmv
Structure de tournoi assez rapide et profondeur de tapis plutôt faible. Aucun jeu réel possible au flop turn ou river. Cette vidéo montre l'importance de la sélection de main et insiste sur le concept de "choisir d'accepter un coin flip ou non" en fonction de la taille du tapis.
(désolé pour le son un peu mauvais)
Sunday $100 + 1 rebuy, $100K gtd, 850 joueurs, top 50 payés
>> WAM_200809_T100_PhaseFinale.wmv
La vidéo débute lors de la phase finale (40 joueurs restant). L'objectif est d'atteindre la table finale et là encore tous les coin flip ne sont pas bons à prendre. Je vais faire pas mal de fold qui peuvent sembler étranges, mais j'explique la logique derrière tout ça.
A noter que mon fold KT qui me fait ensuite partir en tilt à cause du flop était en réalité un bon fold (c'était de toute façon un bon fold quoi qu'on en dise) car la river (que je ne vois pas) donnera une quinte à la paire de neuf.
Pardonnez mes commentaires en tilt total à la fin, perdre 97 contre 87 all in preflop m'a fait fondre un fusible :)
Ma vidéo cash game est toujours en production, difficile de trouver des situations avec des mains intéressantes (et j'ai pas envie de faire une vidéo de 3h avec toujours les même situations).
On m'a demandé une vidéo de tournoi PLO, j'en ferai une à l'occasion.
Eric
mardi 9 septembre 2008
Evolution de mes gains
Je termine le mois à -$1,171, soit -1.3BB/100 sur un total de 7800 mains.
Pour le début du mois de septembre, les choses se sont améliorées:

Je suis pour l'instant à +$4,687 soit +16BB/100 sur un total de 2847 mains.
J'essaye d'avoir un jeu beaucoup plus solide et surtout de prendre beaucoup moins de risques en arrêtant de payer hors de position (comme indiqué dans mon article de stratégie) et d'accepter de me laisser bluffer plus souvent qu'avant (j'arrête les heros call désastreux, et je respecte un peu plus les check raise au flop).
A partir du 23 août, j'ai commencé à noter l'évolution journalière de ma bankroll sous Excel, dont nous pouvons avoir ici le graphique:

samedi 6 septembre 2008
NL400: stratégies de jeu - 3e partie
Il est difficile de donner des conseils stratégiques qui soient valables en toutes circonstances, mais il peut être utile de lister les pièges à éviter lors d'un jeu sur la NL400.
"C'est contre moi"
Dès que vous relancez avec J8, vous êtes sur-relancé; vous misez au flop avec air, vous êtes check raisé. Bref, dès que vous faites un move on vous revient dessus! La tentation est forte de se laisser convaincre que la table vous a pris pour cible, qu'on vous prend pour une serpillère, et que vos adversaires ne jouent pas leurs cartes, mais vous!
Au prochain 3bet, vous balancez le tapis! Ca leur apprendra à vous prendre pour un joueur faible! Mais voilà, votre adversaire est trop content de payer avec ses top deux paires et ne comprend pas pourquoi vous venez de vous envoyer en l'air avec hauteur roi.
Lorsqu'on vous revient dessus, la probabilité d'un jeu fort est très importante. Il peut arriver que pendant toute une série de main vous vous retrouviez confronté à du jeu chez tous vos adversaires. Il faut savoir accepter cela comme une expression de la variance, et non comme un ciblage de vos adversaires.
A la NL400, les joueurs sont trop occupés à multitabler ou à regarder la TV pour "jouer le joueur" et déterminer (pour quelles raisons d'ailleurs?) que vous êtes le paillasson de la table. Quand on vous relance, ne jamais prendre de décision basée sur cette fausse perception.
"Je veux gagner tous les pots"
Vous venez de connaître un bon rush, vous vous sentez fort psychologiquement et du coup vous relancez tous les pots. Vos adversaires passent pratiquement tout et vous laissent dominer la table. Vous commencez à penser que tous les pots vous appartiennent et vous n'allez plus rien lâcher, quitte à faire un 4bet all in pour montrer que c'est vous le roi (après tout vous avez une grosse stack, alors autant s'en servir!)
Si on ne vous revient dessus, ce n'est en aucun cas parce que vos adversaires respectent votre jeu. La raison est que tout simplement ils n'ont pas de cartes jouables. La pression psychologique en cash game n'est pas la même qu'en tournoi: un joueur peut au pire se faire stacker, cela ne représente pas la même peur que de sauter du tournoi contre un joueur en plein rush.
Vos adversaires voient bien que vous relancez tous les pots et faites des 3bet post flop (même en multitablant au téléphone tout en mangeant un sandwhich on s'en aperçoit!) et ils vont tout simplement resserrer leur jeu pour attendre le bon spot.
L'excès de confiance est une forme perverse de tilt, qu'il faut aussi savoir contrôler. Si vous venez de stacker 3 adversaires en 5 minutes sur un rush de folie (si si ça arrive), mettez vous en sit out 5 minutes pour faire baisser l'adrénaline et vous éviter de faire une grosse connerie en mode "I'm the king of the world".
Savoir lâcher sa main et accepter de se faire outplayer de temps en temps
Vous avez 99 au bouton, vous relancez et vous êtes payé par la BB. Le flop vient J63. BB check et vous faites votre mise de continuation habituelle. Mais voila, au lieu de passer la BB vous relance! Ce n'est pas la première fois, mais ce n'est pas non plus systématique.
Il faut savoir passer et accepter de s'être fait bluffer par 44. Ce type de relance est rarement une main type "TJ" mais soit une main très forte en heads up (63, 33, 66, AJ) soit un (semi) bluff (44 ou air). Le problème est que si à chaque fois qu'on vous relance vous ne croyez pas votre adversaire, vous allez perdre pas mal d'argent. A moins bien entendu d'une lecture particulière, ce type de relance est très souvent une main qui vous bat.
En jetant vos cartes, vous allez de temps en temps faire de mauvais fold, mais c'est le prix "psychologique" à payer pour éviter de vous retrouver dans de mauvaises situations.
Il ne s'agit pas de se transformer en peureuse en foldant à la moindre relance, mais d'accepter de se faire bluffer dans des situations marginales pour se concentrer sur les situations profitables. Vous allez jouer énormément de mains en short handed, et vous ne pouvez pas toutes les gagner. Se faire bluffer est un mal nécessaire: si on ne vous bluffe jamais, cela veut dire que vous payez beaucoup trop vos adversaires et qu'au final vous êtes un joueur perdant.
Savoir lâcher sa paire de roi
Cela parait évident, mais combien de fois ai-je vu des joueurs se faire stacker en s'accrochant à leur KK comme des morts de faim alors qu'en bel as brille de toute sa splendeur au flop?...
Vous relancez avec KK, un as apparait, il y a de l'action au flop: vous pouvez passer. Je peux comprendre qu'on ne lâche pas son AA contre deux paires pourtant probables, mais de grâce ne vous mariez pas avec votre paire de roi quand un as apparaît au flop.
Même les plus grands le disent: quand on a KK et un as au flop, il est pratiquement impossible de savoir quoi faire. Vous pouvez payer une mise, ou faire une mise de continuation, mais si l'action continue il faut quitter le navire (ou aller au showdown pour le moins cher possible).
Quand le KK magique apparait, vous commencez déjà à saliver en voyant votre stack doubler, mais il ne faut pas que ce rêve se transforme en cauchemar en jouant votre main comme en freeroll.
Ceci est valable aussi pour QQ/JJ avec A/K/Q au flop: soyez prudents! En cas de doute, passez à la main suivante. Il faut savoir être patient et accepter de ne pas gagner des gros pots avec ses grosses paires.
AK/AQ: le piège
Vous n'êtes pas en tournoi. AK et AQ sont des mains qui pourront vous coûter une fortune si vous les jouez vite. En tournoi, AK (et à la limite AQ) est un monstre car vous avez une fold equity très importante en poussant votre tapis avec: vous allez gagner soit parce que votre adversaire va passer (il pourra passer QQ/JJ même s'il voit votre main car il ne veut pas forcément jouer son tournoi sur un coin flip à ce moment), soit parce que vous gagnez le coin flip. Au final, dans ces conditions, AK est un "favori" à 60-70% plutôt que 50%.
En cash game (à la NL400 en tout cas), personne ne va passer preflop son TT/JJ/QQ (avec des réserves bien sur, en fonction de la profondeur de tapis - mais avec $400 c'est le call assuré). Donc si vous faites un 4bet à tapis avec AK comme en tournoi, vous allez être payé tout le temps. Et vous ne serez jamais payé par AJ ou AQ (alors qu'en tournoi si). En combinant le fait que vous ne serez payé que par des paires (à 52-55%) et KK/AA (qui vous écrase), vous allez perdre forcément plus d'argent avec AK qu'en gagner (et si on rajoute votre push AQ payé par AK, c'est encore pire).
A moins d'être en mode gamble et d'avoir AKs, je ne recommande pas le 4bet avec AK. Vous pouvez faire un 3bet (en position ou hors de position), mais si vous relancez et êtes sur relancé (3bet) par un joueur plutôt calme, il est plus sage de payer et de voir le flop.
Si votre 3bet est relancé, vous avez une décision difficile. Il n'y a pas de bonne réponse, car en payant vous verrez tout, du bluff (où vous n'êtes pas de toute façon un favori énorme!) à la paire d'as (que tout le monde ne sous joue pas). Sans la position, c'est difficile de payer car si vous ne touchez ni A ni K vous allez devoir abandonner, avec la position c'est déjà plus facile. Si vous balancez le tapis (5bet), vous allez être payé à 90% (rares sont les bluffs 4bet à ce niveau!).
En conclusion: quand vous voyez AK, ne vous excitez pas et jouez cette main prudemment. Vous gagnerez beaucoup plus avec AK au flop (contre AJ qui ne lâche pas sa top paire par exemple) qu'en balançant le tapis preflop et n'étant payé que par des mains plus fortes.
Jouer ses tirages
Lorsque l'on a un tirage, nous sommes toujours confronté au même dilemne: doit-on le jouer aggressivement (quitte à se faire check raiser et voir le turn à haut prix), ou doit-on au contraire tenter de le toucher pour le moins cher possible?
Tirage fort
Si vous avez un tirage type straight flush (par exemple QJ à coeur sur T98 dont deux coeurs) la réponse est plutôt simple: il faut le jouer le plus aggressivement possible au flop. Vous êtes favori même contre AA et ce genre de main est si rare qu'il ne faut pas laisser passer l'opportunité.
Ce type de main est idéal pour le check raise ou le 3bet au flop. En le jouant aggressivement vous allez soit remporter le pot directement (la plupart du temps), soit jouer un coin flip (les rares fois ou vous tombez contre un set ou une main aussi très forte). Le pire qui puisse vous arriver est de tomber contre le tirage couleur max.
Si vous jouez votre tirage passivement et que vous touchez, vous aurez du mal à vous faire payer un gros pot (le flop aura l'air tellement dangereux à la river que même un set se contentera de payer une mise raisonnable).
Evidemment, la contrepartie de jouer très aggressivement est que de temps à autre vous allez vous faire stacker. Mais sur le long terme, le fait d'être léger favori en cas de tapis payé ajouté au fait que votre adversaire se couchera parfois au flop fait que cette approche est gagnante.
Tirage moyen
Vous avez un tirage couleur ou quinte: vous avez entre 8 et 12 cartes (parfois l'as de votre tirage couleur max peut aussi vous faire gagner le coup). Vous allez toucher un peu plus d'une fois sur trois si vous avez un tapis payé au flop: autant dire que ce n'est pas une situation dans laquelle vous voulez vous retrouver régulièrement.
Contrairement au tournoi ou la fold equity (la possibilité que votre adversaire passe devant votre aggression) est importante, en cash game vous ne pouvez pas jouer trop souvent vos tirages de façon aggressive. Vous serez payé trop fréquemment en étant underdog à 40% pour compenser les fois ou votre relance arrachera le pot au flop.
L'approche la plus raisonnable consiste a garder le pot le plus petit possible jusqu'à la river (ou le turn si vous touchez). Hors de position, payez juste la mise de continuation. Ce sera probablement check check au turn et vous aurez souvent une carte gratuite. En position, si vous pensez que vous risquez le check raise, checkez au flop (si vous êtes check raisé, vous allez trop souvent payer en espérant toucher votre tirage, et sur le long terme vous serez perdant). Si vous touchez votre tirage après avoir checké au flop (surtout un tirage couleur) votre adversaire aura du mal à vous croire ensuite car il partira du principe que vous n'auriez jamais checké au flop avec cette main (gardons tout de même à l'esprit qu'il faut mixer votre jeu, ne faites pas toujours pareil avec vos tirages; il s'agit là de l'approche de base).
Si vous avez raté au turn et à la river, évitez le bluff (surtout hors de position). La plupart du temps ces bluffs ratent car vous n'avez rien de crédible à vendre.
Si vous touchez en river, que vous êtes hors de position et que vous pensez que votre adversaire a quelque chose, vous devez miser. Si vous checkez, votre adversaire checkera probablement derrière car il aura peur de la couleur. Si par contre vous misez, il va vous payer.
Ne jamais céder au tilt après avoir raté votre 3e tirage de suite en balançant votre tapis en river!
Lors de la prochaine et dernière partie, je vous présenterai une vidéo qui montre par l'exemple toutes les situations décrites dans cet article.
vendredi 5 septembre 2008
NL400: stratégies de jeu - 2e partie
La particularité d'une table short handed étant le grand nombre de mains jouées, on s'aperçoit très vite que le jeu s'apparente au pattern suivant:
PREFLOP: bouton relance, BB paye
FLOP: BB check, bouton mise 3/4 du pot, BB paye (ou passe, fin de la main)
TURN: check, check
RIVER: BB mise, bouton passe/paye OU BB check, bouton mise, BB passe/paye
De temps à autre ce pattern varie (multi pot, donk bet, check raise, action au turn, etc.) mais la plupart des mains sont jouées selon le mode décrit ci-dessus.
Nous allons maintenant voir en détails toutes les étapes du jeu post flop, avec les conseils nécessaires pour mettre en oeuvre le pot control et réussir ses value bets. A noter que comme il est impossible de prendre en compte toutes les situations, je vais partir du principe que l'action preflop est raise/call et que nous sommes heads-up (le bouton relance et la BB paye).
Le jeu au flop
Il y a plusieurs cas à distinguer, selon que vous avez fait ou non la relance preflop, et que vous avez ou non la position postflop.
Vous avez relancé au bouton
Vous avez la position ainsi que le "contrôle" de la main. Dans 90% des cas, votre adversaire va checker pour vous laisser l'opportunité d'effectuer ou non une mise de continuation.
1. Vous avez complètement raté le flop
A moins que le flop soit vraiment très coordonné (9TJ avec 2 coeurs par exemple) et puisse toucher tout type de main, la mise de continuation va en général remporter le coup. Si vous êtes relancé, vous pouvez facilement abandonner, et si vous êtes juste payé, on verra au turn. Je recommande donc de miser la plupart du temps (un peu moins de 3/4 du pot par exemple; 1/2 du pot ouvrant trop de possibilité pour un loose call)
2. Vous connectez moyennement avec le flop
Vous touchez seconde ou troisième paire, vous avez 77 sur 3J8, vous avez un tirage quinte ou couleur: à moins de supposer que vous allez vous faire check raiser (adversaire tricky qui vous fait souvent le coup), vous devez faire votre mise de continuation (le check raise ici est plus embettant car vous avez quelque chose et vous voulez voir le turn). Si vous remportez le coup, c'est bien, et si vous êtes payé un bon turn peut vous conforter pour la suite. En cas de check raise, il vaut mieux souvent abandonner, à moins d'avoir un read particulier sur le joueur.
3. Vous connectez fortement avec le flop
Vous touchez top paire bon kicker, deux paires, un set, une quinte. Là aussi vous devez faire une mise de continuation: si vous checkez en position quand vous êtes fort et faites votre mise uniquement quand vous êtes faible, vos adversaires vont s'en apercevoir. En misant que vous soyez fort ou faible, vous allez remporter beaucoup plus de coup quand vous n'avez rien (et la plupart du temps vous allez rater le flop). Vous ne checkerez derrière que si vous flopper un monstre (full max) et que vous voulez laisser à votre adversaire la possibilité de connecter un minimum pour vous payer ensuite. Si vous êtes relancé, à vous de décider pour le 4bet (all in souvent) ou juste payer.
4. Votre adversaire donk bet!
Au lieu de checker, votre adversaire mise. On appelle ça le "donk bet". Cela arrive assez rarement à la NL400 et cela peut vouloir dire plusieurs choses: bluff total (il en a marre de vos mises de continuation systématiques et veut vous bloquer), jeu moyen type top paire mauvais kicker (il espère prendre le pot à ce moment et ne veut pas une décision difficile après votre mise de continuation), ou jeu max (il espère être relancé). Dans le doute, si vous n'avez rien ou très peu, passez. Il n'y a pas de honte à jeter ses cartes en position.
5. Conclusion
Quand vous avez la position et qu'on checke, vous allez faire une mise de continuation la plupart du temps (70-80% du temps). Sachez juste éviter les flops vraiment dangeureux qui peuvent connecter trop facilement avec la plupart des mains, et sachez cataloguer les adversaires qui vous payent/relancent trop souvent (calling station ou bons joueurs) afin de les éviter ou d'adapter votre jeu. La mise de continuation va remporter le pot suffisamment souvent pour justifier les fois où vous allez devoir abandonner suite à une relance (avec le bénéfice de vous faire payer plus souvent vos grosses mains).
Vous avez payé la relance du bouton depuis la BB
Vous êtes hors de position, et comme vous n'avez pas sur relancé, vous êtes censé a priori avoir une main marginale, mais qui peut être meilleure que le bouton qui en théorie a pu relancer avec n'importe quoi.
1. Vous ratez complètement le flop
Si vous checkez, le bouton va miser et vous allez devoir abandonner. C'est souvent la route la plus prudente à suivre. Vous avez raté, le mieux est de passer à la main suivante. De temps en temps vous pouvez opter pour une démarche aggressive de check raise ou de donk bet, mais attention à ne pas tomber dans le piège du "je ne me fais pas marcher dessus, la table est à moi". Faire un move hors de position, c'est bien, mais sachez choisir vos moments.
2. Vous avez un bout du flop
Vous avez trois approches: le donk bet (moins intéressant, car vous ne serez payé que si vous êtes battu et vous privez votre adversaire de vous bluffer), le check call (demande une bonne lecture du jeu au turn et à la river), le check raise (méthode la plus radicale, où un turn/river peut aussi vous sauver si le bouton paye votre relance). Je recommande le check call, à moins d'avoir une main trop fragile (check call avec K9 sur KJ3, check raise avec 77 sur 995 ou A8 sur 872)
3. Vous floppez un monstre
Vous avez deux paires, une quinte, un tirage énorme. A moins d'avoir un adversaire super passif qui ne mise jamais (rare), vous devez laisser votre adversaire miser. A vous de voir si vous voulez le relancer ou juste payer: avec deux paires basses ou un tirage fort mieux vaut relancer car en cas de mauvais turn ce sera très difficile à jouer, et en cas de bon turn vous voulez un gros pot (et s'il paye votre relance et qu'un mauvais turn tombe, ce sera souvent check check). Avec un adversaire aggressif, il vaut mieux juste payer et le laisser miser ensuite; s'il est passif au turn/river alors la relance est plus intéressante, en espérant qu'il ait un bout du flop pour nous suivre.
4. Conclusion
Lorsque vous avez connecté avec le flop, il est important de ne pas se laisser impressionner par la mise de continuation. Il est souvent plus intéressant de payer avec votre main marginale (mais probablement plus forte que celle du bouton), que de relancer pour en fait transformer votre main en bluff (si votre relance est payée, vous êtes probablement derrière, donc à la limite autant relancer avec une poubelle plutôt qu'avec une main qui pourrait vous rapporter au showdown en laissant votre adversaire vous bluffer à la river). Il faudra ensuite jouer hors de position, mais c'est en réalité un bon spot pour forcer l'adversaire à arracher le coup à la river, et ensuite avoir le courage de payer avec seconde paire.
Le jeu au turn
Les combinaisons se multiplient et nous ne pourront pas voir tous les cas de figure. Cependant, dans plus de 60% des cas l'action sera la suivante: check check. En effet, rares seront les fois où les mains sont suffisamment fortes pour générer de l'action au turn. Tout le monde essaye de faire du pot control (même sans le savoir), et les mains marginales seront checkées au turn. Peu de bluffs seront tentés à ce niveau car avec la river à venir les calls sont plus fréquents.
Vous avez la position
En fait, la seule question que vous devez vous poser est si vous voulez ou non construire un gros pot. Votre adversaire a checké, vous pouvez maintenant aller à la river avec l'assurance d'avoir au pire un pot bet raisonnable à payer.
Si vous n'avez strictement rien, le turn n'est pas la meilleure place pour tenter un arrachage. Avec la river à venir vous serez plus souvent payé; et n'oubliez pas, vous avez été payé au flop, donc à moins que la texture du flop ait radicalement changée, vous serez probablement aussi payé au turn. Bien entendu des bluffs peuvent être tentés, mais il faut choisir ses spots avec attention et surtout "vendre" une histoire qui tient la route. Si vous décidez de bluffer au hasard, à moins d'avoir une serpillère en face, on vous reviendra dessus.
Si vous avez une main moyenne type KQ/KJ sur KT58 avec deux coeurs au flop, le plus raisonnable est de checker. Votre main est probablement devant mais vous ne voulez pas non plus avoir a payer un gros pot bet à la river si un as ou un coeur tombe. En checkant, vous limitez la cassse à la river si vous êtes derrière un monstre, et vous encouragez aussi votre adversaire à bluffer ou payer votre value bet.
Avec une main forte, n'hésitez pas à faire une mise de la moitié du pot. Vous voulez construire le plus gros pot possible, et les grosses mains sont suffisamment rares pour ne pas tenter de les rentabiliser au mieux. Si votre adversaire passe, ce n'est pas grave. Car pour les fois où il va payer, vous allez probablement gagner un très gros pot au final.
Bien entendu, il faut mixer un peu le tout et checker vos montres avec un soupçon de bluffs de temps à autre. Il faut éviter d'être lisible. Mais en général, en suivante une ligne "calme" au turn, vous éviterez de vous retrouver dans des situations difficiles à la river.
Vous n'avez pas la position
Si vous êtes au turn, c'est que vous avez probablement payé la mise de continuation du bouton. Si vous checkez, il va probablement checker. Le raisonnement est donc le même: construire un pot ou pas. La seule variante est de savoir si oui ou non votre adversaire va miser le turn et d'adapter votre décision en fonction (si vous êtes devant, laissez le miser).
Hors de position, la décision finale à la river est difficile. La tendance est donc à toujours garder le pot petit, même avec une main raisonnable (type KQ sur Kxxx).
Note importante
"Protéger sa main" est moins important que le contrôle du pot. Vous ne devrez jamais miser au turn dans le seul objectif de protéger votre main contre les 4-9 cartes mauvaises de la river. En faisant cela, vous vous retrouverez trop souvent à payer des grosses mises à la river en étant derrière depuis le début. Si vous avez K9 sur K458 avec deux coeurs, il est plus raisonnable de prendre le risque qu'un coeur tombe (et rien ne dit que votre adversaire est à tirage couleur) plutôt que de construire un pot contre KJ.
Le jeu à la river
Toutes les cartes sont tombées: il faut maintenant déterminer si nous sommes devant ou derrière, et procéder au plus difficile (et le plus important), le value bet.
Réussir vos value bets fait toute la différence entre une session positive ou une session négative. Checker la river en position alors qu'on est devant (parce qu'on a peur de l'improbable couleur) est la deuxième plus grosse erreur du cash game (la première étant de payer un value bet parce qu'on est curieux ou en tilt).
Là encore, les combinaisons sont énormes donc je ne vais parler que de généralités.
Vous avez la position
Si c'est checké, vous avez la possibilité de miser pour soit faire un bluff, soit faire un value bet. Un bluff réussi en river relève de l'art: si on vous a payé au flop et/ou au turn, comment allez vous faire coucher votre adversaire en river? Ce n'est pas impossible, mais il faut vraiment bien comprendre les séquences de mise et de cartes pour déterminer que la river va vous aider au point de faire fuir votre adversaire. Ce sujet sort du cadre de cet article, nous allons plus nous concentrer sur le value bet.
Avec une bonne main, il est indispensable de faire une mise, en espérant être payé. Souvent une mise de la moitié du pot est le bon compromis. Mais en réalité (à la NL400) il ne faut pas hésiter à miser plus (le pot) ou même faire un horrible overbet (vous avez les nuts) qui sera payé dans pas mal de cas (mieux vaut parfois tenter de gagner $400 avec un move "donk" que de gagner $50 avec une mise "normale" les rares fois ou vous avez les nuts - si vous n'avez pas les nuts ne faites pas ce move par contre!).
La difficulté majeure du value bet est si le board est terrifiant (vous avez AA et le board est Q86TJ avec 3 coeurs). La plupart du temps, checker sans faire de value bet s'avère correct, car vous ne serez payé que par une main qui vous bat (et éventuellement KQ dans l'exemple pour la seule main derrière). Si le board est menaçant mais pas terrifiant, il faut par contre faire le value bet. En checkant systématiquement, vous perdez de l'argent. Vous avez AA et le flop est QJ456, avec 5 et 6 de pique mettent une couleur et une quinte possibles. Votre adversaire a-t-il vraiment faire runner runner quinte ou couleur? Et si c'était le cas, checkerait-il la river alors que vous allez probablement checker derrière pour votre "pot control"?
Parfois, votre adversaire va faire un blocking bet: au lieu de checker, il va miser 1/4 ou 1/3 du pot. Son objectif et de faire un showdown pour le moins cher possible (s'il checke, vous allez probablement miser 1/2 pot ou plus, alors que s'il mise vous allez être inquiet et juste payer à moins d'être super fort auquel cas il pourra passer sans regret après votre relance). Au final, quoi qu'il arrive, il a le showdown ou sait qu'il est battu pour le moins cher possible. N'hésitez pas à reconnaitre ces mises pour les relancer avec rien (ou grosse main bien sur). A la NL400, il sera rare que le blocking bet soit en fait destiné à vous faire relancer (niveau 3 d'analyse, nécessite d'avoir joué longtemps contre le même joueur).
Si votre adversaire a lui même misé, vous devez analyser rapidement la main et les mises précédentes pour prendre votre décision. Dans le doute, vous devez passer. Si vous commencez à payer parce que vous ne savez pas trop, ou que vous êtes curieux de voir la main de votre adversaire, vous allez perdre beaucoup d'argent. Savoir passer ses mains moyennes quand on a le sentiment (même diffus) d'être derrière est une grande qualité, probablement la plus difficile à obtenir. Vous aurez parfois probablement des décisions difficiles, et les hero call avec hauteur as s'avèreront parfois très bons et parfois désastreux, mais là seule l'expérience prévaudra.
Vous n'avez pas la position
Ne pas avoir la position n'empêche en rien de faire un value bet. La seule différence est de savoir si votre adversaire va lui même miser la river ou non. Là, tout dépend de l'adversaire, mais hors de position votre meilleur allié est son bluff.
Si le flop est horrible, mais que vous avez quelque chose de pas trop mal, le check call est parfait. Votre adversaire ne résistera pas à la tentation de bluffer devant votre check sur ce board terrifiant, et il faudra payer. Parfois ce sera à tort, mais la plupart du temps votre main sera un bluff catcher parfait.
Vous pouvez aussi utiliser le blocking bet si vous voulez arriver au showdown pour le moins cher possible (voir plus haut).
D'une manière générale, dans le doute, il faut checker et aviser selon ce que fera votre adversaire (avec une tendance pour passer s'il mise et que vous n'avez vraiment pas grand chose).
Si vous n'avez vraiment rien, le bluff est possible, mais là encore il faut savoir choisir ses spots avec attention (posez vous toujours la question de si votre mise a un sens par rapport à ce que vous avez fait avant; si ça ne veut rien dire, et que votre adversaire a un minimum d'expérience, il vous attrapera). Vous n'êtes pas obligé de gagner tous les pots, passer est rarement la plus grosses erreur que vous pouvez faire.
Dans la troisième partie de cet article, nous verront les pièges à éviter ainsi que quelques autres réfléxions générales sur le jeu à la NL400.
mercredi 3 septembre 2008
NL400: stratégies de jeu - 1ere partie
Avant propos
Après avoir joué presque 10,000 mains à la NL400, testé différentes approches de jeu et analysé environ 200 mains clés, je suis à même de pouvoir partager mes conclusions et recommendations.
Avant d'aller plus loin, il est important de se rappeler que je suis avant tout un joueur de tournoi, et donc un joueur de cash game plutôt débutant. De plus, mon recul est assez limité (10 000 mains ce n'est pas grand chose). Il ne faut donc pas considérer ce qui va suivre comme un guide à suivre au pied de la lettre, mais plutôt comme une liste de conseils qui pourront j'en suis sur améliorer votre jeu.
Contexte
- jeu short handed (5 joueurs, mais valable aussi pour 6)
- limites $2-$4; propablement valable pour $1-$2 et $3-$6, mais en dessous je ne sais pas du tout et au dessus le meta game a une incidence trop importante pour que ces conseils soient valables même sur du court terme
Considérations générales
Le jeu en cash game se différencie du jeu de tournoi par la valeur linéaire des jetons. En cash game un jeton d'un dollar sera toujours égal à un jeton d'un dollar. En tournoi, la valeur d'un jeton évolue de manière constante en fonction d'un certain nombre de paramètres (principe de base de l'ICM, Independant Chip Model). Un tournoi a un début, un milieu et une fin; toutes les mains jouées font partie d'un tout. En cash game, chaque main est (en théorie) indépendante et on peut commencer et s'arrêter à n'importe quel moment. En tournoi, on va jouer un nombre très limité de mains clés, en cash game (surtout short handed) on va jouer une main sur trois et chacune de ces mains va contribuer au final à avoir une session positive ou négative. Il est donc primordial d'avoir une approche intelligente pour limiter les pertes et maximiser les gains de chacune des mains jouées.
Selon la théorie des grands nombres, on peut d'ores et déjà prendre les conclusions suivates:
- on va gagner autant de coin flip qu'on va en perdre, en jouant donc AK et QQ comme AA on contribue simplement à augmenter notre variance mais sur le long terme le jeu coin flip ne détermine en rien le jeu gagnant du jeu perdant
- les "mains destinées" nous feront gagner comme perdre nos stacks; on ne peut rien y faire mais sur le long terme l'effet de ces mains s'annule et ne contribue pas à faire de nous des joueurs gagnant ou perdant
- d'une manière générale, tout le monde recoit les même cartes; la chance n'est que de la variance et sur un échantillon de plus de 100,000 mains cette variance doit en principe être très faible
Alors qu'est-ce qui fait la différence entre un joueur gagnant et un joueur perdant?
Sur un grand nombre de mains jouées à des limites où le meta game est plus ou moins inexistant, la différence se fait sur le pot control quand on est derrière et le value bet quand on est devant.
Quand je parle de meta game, je parle des environnements de jeu où on joue plus le joueur que les cartes, et autres complexités. Mon analyse théorique s'écroule dans ces environnements, et n'est donc valable que dans le cadre de tables anonymes où les joueurs par milliers multitablent et jouent leur carte/position avec un soupçon d'adaptation à l'adversaire en fonction de l'image basique perçue.
Mettre en avant le pot control et le value bet comme seules sources de sessions gagnantes parait trivial, mas il est important de le rappeler et de poser ces deux concept comme pierre angulaire d'un jeu de cash game réussi.
Le pot control
L'objectif du pot control est de limiter la taille du pot au minimum lorsqu'on a une main marginale mais avec une valeur au showdown. Exemple: vous relancez au bouton avec K9, payé par la grosse blinde. Flop KT8. Check, vous faites une mise de continuation et vous êtes payé. Le turn est un 2. La blinde checke. Votre main est marginale (la grosse blinde peut avoir KJ, 9J, 77 ou rien), mais elle a une valeur au showdown. Vous checkez donc le turn car si vous misez vous aller contribuer à vous retrouver face à un river bet important et vous ne saurez pas quoi faire. En checkant, vous limitez la casse si la blinde a KJ (il est probable que cela fasse check check en river si un 9 tombe par exemple) et vous encouragez la blinde a vous bluffer si elle rate son tirage ou pense que vous n'avez rien puisque vous avez checké le turn.
Il est bien plus important de limiter la taille du pot que de "protéger votre main". Si une brique tombe au turn et que votre adversaire a une paire ou un draw, vous êtes de toute façon favori pour remporter le pot. Pour faire fuir un tirage vous devez faire un pot bet, qui prive votre adversaire de vous bluffer à la river et qui ne sera payé la plupart du temps que par une main qui vous bat.
Le pot control consiste aussi à faire des mises preflop, au flop et au turn qui sont plus proches de la moitié du pot (voire moins) que du pot. Ce système de mises "faibles" est plus souvent effectué en tournoi qu'en cash game (en tournoi on veut éviter les décisions pour sa stack, en cash game si un bad beat arrive on peut remettre de l'argent et continuer).
Le value bet
Lorsque vous avez une bonne main et que vous pensez être devant, vous allez faire une mise à la river en espérant être payé et ainsi rentabiliser votre main. Réussir vos value bet est indispensable pour avoir une session positive, et on touche là un point critique: autant il est facile de faire du pot control (check check), autant il est difficile de judicieusement placer et calculer ses value bet. Très souvent une mauvaise carte va tomber en river, complètant un tirage quinte ou couleur. Dans ces situations, même avec la position, on va checker derrière pour éviter l'accident (si je fais un value bet avec mon AA et qu'il me relance alors qu'il y a trois piques au flop, qu'est-ce que je fais?). On rate ainsi des opportunités de se faire payer nos bonnes mains.
De même, on a tendance à sous miser nos value bet pour être sur d'être payé, alors que très souvent on sera payé d'un pot bet car nos adversaires ne savent pas lâcher leurs mains inférieures.
L'importance de la position
C'est évident, avoir la position dans une main est un élément stratégique majeur. En short handed, la pression des blindes est importante et on est amené à les défendre plus souvent qu'en full ring.
Le jeu depuis les blindes
Les positions de SB et de BB sont les positions où vous allez perdre le plus d'argent. C'est normal, la mise y est forcée, et si vous décidez de défendre votre blinde, vous allez jouer hors de position et vous faire outplayer la plupart du temps.
Ma recommendation est simple: ne défendre ses blindes (payer une relance) qu'avec des mains de qualité, et relancer avec ses premiums et (de temps en temps) avec ses poubelles.
90% du temps, sur une table short handed normale, vos blindes seront relancées à $12 ou $14. Si vous décidez systématiquement de défendre avec vos Q8, K7s et autres A6o vous allez perdre beaucoup d'argent. 2 fois sur 3, vous ratez le flop, le bouton fait une mise de continuation et à moins de prendre un risque important et relancer vous allez devoir passer et perdre $14 au lieu des $4 initiaux.
En ne défendant qu'avec des mains de qualité (broadways suités, connecteurs assortis, petites paires, ATo etc) vous allez augmenter vos probabilités de connecter avec le flop, voire même de dominer vos adversaires (KT contre K8 au bouton par exemple).
Perdre $4 + $2 n'est pas un problème. Vous allez les récupérer quand vous serez au cut off ou au bouton.
De plus, de temps à autre, en fonction de votre adversaire, vous allez faire une sur relance avec une poubelle ou une main premium (AK ou 84). La plupart du temps la relance gagne preflop, et en le faisant avec des poubelles vous augmentez la probabilité de vous faire payer vos grosses mains (si vous ne relancez que 2 fois par heure, personne ne vous paiera votre sur relance AA). Bien entendu en faisant un 3bet avec une poubelle vous risquez (rarement) le 4bet ou tout simplement d'être payé hors de position, mais les rares fois où vous flopperez un monstre insoupçonné et stackerez votre adversaire compensera pour les fois où vous devrez abandonner votre bluff.
Ne pas défendre systématiquement vos blindes est faire preuve de discernement, et non pas de faiblesse.
Le jeu depuis la position 3 (UTG)
Vous êtes au milieu. Il reste 2 (ou 3) joueurs à parler, ce n'est déjà plus beaucoup! Si la table est très active et aggressive, n'hésitez pas à limper avec vos JTo, 67s, 33 pour pouvoir ensuite payer une relance raisonnable et voir un flop. Vous n'aurez pas la position la plupart du temps, mais comme vous jouerez rarement de cette position, et que quand vous jouerez vous aurez de bonnes cartes qui pourront connecter au flop, vous compenserez.
Pour faire simple, considérez que vous êtes en BB et prenez la même décision pour jouer ou ouvrir que si vous deviez défendre votre blinde. Mais comme vous ne pourrez pas vaiment faire de "limp reraise" pour prendre le pot preflop (une fois ca va, deux...) soyez assez sélectif dans vos mains.
Le jeu depuis le cut-off ou le bouton (positions 4 et 5)
C'est ici que vous allez faire votre beurre. La sélection des cartes est déjà moins importante, et vous allez beaucoup plus souvent ouvrir avec une relance que limper. A moins d'avoir un joueur loose positionnel à votre droite, qui paiera toutes vos relances pour ensuite pour prendre le pot peflop, considerez le cut-off comme le bouton.
L'éventail de mains pour relancer doit par contre être lui très large. Pour chaque abandon de blinde ($6), vous devez en théorie relancer au bouton pour les récupérer. Bien entendu vous n'avez pas à le faire systématiquement en fonction des blindes perdues, mais cela vous donne une bonne idée du rythme.
Vous aurez la position au flop, et cela vous aidera à gagner la plupart des pots.
Vous devez jouer plus du deux tiers de vos mains en position. Si vous n'y arrivez pas, changez de table (en short handed, rien de pire qu'un LAG doué à votre droite qui vous paye tout le temps) ou revoyez votre stratégie car vous ne pourrez pas être gagnant sur le long terme.
Relancer, ou limper?
En short handed, on se dit qu'il faut être aggressif et relancer toutes les mains (pourquoi limper alors qu'on peut relancer et gagner preflop?). Alors effectivement, en relançant 43s au cut-off plutôt que de limper on a de grande chance de récupérer les blindes plutôt que de voir un flop avec une main difficile à jouer. Mais en relançant et gagnant la main preflop, on se prive d'une opportunité de stacker un adversaire en touchant un flop énorme.
En limpant, on favorise l'action et les accidents. Vous limpez avec 43s, la BB checke son T2o, le flop vient T25, la BB mise, vous payez, le turn vient 6 et vous allez gagner un gros pot, peut être le plus gros de la session (et si rien de tombe, vous aurez perdu $10 max).
Sur le même principe, et pour mixer votre jeu, vous allez pouvoir limper de temps en temps (mais rarement) avec 22-55. Pourquoi créer un gros pot preflop avec une main injouable alors que vous pouvez limper, flopper votre set (en multi joueurs) et stacker votre adversaire avec un peu de chance? (en relançant preflop vous ne le stackerez pas plus, mais les fois où vous aller rater votre set et devoir abandonner après une grosse mise, vous allez perdre plus). Bien sur, si vous êtes au bouton vous pouvez plus facilement relancer, mais limper en positions 3 ou 4 diminue vos risques de perte. Pour que cela ait un sens, il faut aussi limper avec vos monstres, ou avec des mains un peu créatives.
Ainsi, en utilisant des patterns différents (limp ou relance avec un grand éventail de mains), vous vous rendez plus difficile à suivre et cataloguer par vos adversaires.
Dans la seconde partie, nous verrons le jeu postflop (au flop, au turn et à la river) pour justement mettre en application les notions de pot control et de value bet.




